Introduction

Voltaire, philosophe des lumières, prend position et dénonce le guerre, l’intolérance religieuse dans ce conte philosophique dont les caractéristiques sont de plaire et d’instruire. Dans cet extrait, Candide toujours influencé part la théorie de l’optimisme retourne à Lisbonne où il est injustement condamné par le tribunal de l'Inquisition à cause d'un tremblement de terre ayant réellement ravagé Lisbonne, 1755, une situation de plus où tout va mal. Cette tragique catastrophe naturelle a profondément marqué les esprits de l'époque. Voltaire rédige un poème et Candide pour remettre en cause l’optimisme et notamment l’absence de raison et l’innocence des victimes. A partir d’une situation réelle, Voltaire imagine un récit où il dénonce également l’obscurantisme. Il serait intéressant de savoir en quoi le récit fictif permet à Voltaire de faire une dénonciation ?



I- Un récit fictif qui séduit le lecteur

  • Récit fictif
    • cadre spatial : « Lisbonne »
    • temps du passé ( imparfait, passé simple)
    • verbes d’action : « ils marchèrent l.17)
    • emploi de la 3ème personne
    • schéma narratif simple : // élément perturbateur : tremblement // péripéties : autodafé - coupables - emprisonnement - jugement - procession // ellipse // situation finale : récidive du tremblement
    • personnages désignés par leurs actes, aux identités simplifiés, sans noms : « sages » - « condamnés »

            --> Récit fictif , sans soucis de détailler et essentiellement pour illustrer la dénonciation.

  • Plaire

    • euphémisme : « un appartement d’une extrême fraîcheur « (l.12)
    • absence du registre pathétique
    • --> atténuer la vérité pour séduire le lecteur
    • énumération des peines d’un ton neutre (sans émotion) --> banaliser les faits
    • Mise en valeur de l’esprit comique :
      • spectacle festif et mélioratif : - costume (« san -  benito, « la mitre  »)    - musique («  belle musique en faux bourdon »)     - publique agréable (« on chantait »)
      • Registre comique et ironique : « fessé en cadence, « à petit feu

    --> Histoire simple plaisante atténuant la vérité pour la dénoncer violemment


II- Dénonciations

  • Obscurantisme et superstitions religieuses

    • la terre peut cesser de trembler par une autodafé
      --> aucune preuves scientifiques
      --> d’où la chute qui contredit l’acte et la démarche des sages
      --> ironie de la bonté des sages, présentés comme de grands savants et scientifiques : « université » (l.4) qui ont fait des recherches : « convaincu » (l.7)

    • présentation méliorative et scientifique de cet autodafé irréfutable : « un bel autodafé »

    • décalage entre l’interprétation religieuse d’un fait scientifique et sa réalité. Raisonnement et comportement tourné en dérision et au ridicule par  l’ironie de Voltaire.

  • Justice arbitraire

    • vocabulaire et champ lexical juridique
    • sans véritable enquête / procès jugeant de la culpabilité
    • ellipse soulignant le caractère répressif de la justice et l'impuissance des condamnés
    • cruauté des châtiments
  • Intolérance religieuse

    • emploi d'un vocabulaire religieux  (cérémonie, autodafé, musique en faux-bourdon, mitres, etc...)
    • manifestations de cette intolérance par les motifs de condamnation hérésiques (commère, lard)
    • sacrifice expiatoire / bouc-émissaire
    • ironie encore une fois (bel autodafé) pour dénoncer la censure, le manque de liberté et la répression
  • Optimisme
    • théorie exprimée à travers la naïveté de Candide qui ne rend pas compte de la réalité et ne retient que l’aspect théâtral et d'un spectacle
    • termes mélioratifs : « bel » - « belle musique » - « spectacle »
    • euphémisme : « appartement »
    • ne connaît pas la signification, la différence ne retient que le sermon et la musique (l.18-19)
    • --> Voltaire ne montre que le décalage entre les décisions arbitraires et le regard de Candide
    • Candide et Pangloss ne sont pas condamnés pour des faits religieux : Voltaire dénonce l’absence de liberté,  la censure que subissent les Lumières
    • Candide = naïveté : condamné (fessé)  pour avoir suivit Pangloss
    • Dénonciation du monde imparfait : tremblement sans raison et injuste
    • Dénonciation caractéristique des Lumières

Conclusion

Ce texte est un apologue : il présente sa double caractéristique – Voltaire a pour ambition de présenter une petite histoire dont il dégage une morale aux dénonciation sérieuses de l’obscurantisme, de l’intolérance religieuse et de l’optimisme ainsi que la justice de l’époque. ces dénonciations sont caractéristiques des lumières.

Ouverture

Si Voltaire a choisi la forme de l’apologue, il utilise aussi l’essai pour véhiculer les mêmes idées : Traité sur la tolérance