Introduction

Deux approches peuvent être évoquées sur sa nécessaire apparition : une approche économique qui lie l’apparition de la monnaie au développement de la division du travail et une approche anthropologique qui présente la monnaie comme une réponse à une dette sociale (la dot).
Dans une économie de troc, les produits s’échangent contre des produits et cela pose certaines contraintes : rencontre des échangistes est aléatoire ce qui limite les échanges, par contre avec de la monnaie l’opération unique est remplacée par deux opérations synchronisées (vente - achat) et on n’a plus besoin de trouver un partenaire…
Adam  Smith (1723-1790) économiste et philosophe anglais est considéré comme le fondateur de l’école classique   , il a été le 1er a vanté les bienfaits de la division de travail - qui consiste à repartir les tâches et les activités productives entre les travailleurs (collectif de travailleurs) dans une entreprise et avec la  mise en place d’une spécialisation qui va permet d’augmenter la production.  En effet, la division du travail  accroît l’habilité et la rapidité  des travailleurs, réduit les temps morts et augmente ainsi l’efficacité de ces travailleurs : cette notion est définie économiquement par la productivité du facteur travail. Pour A.SMITH, cette augmentation de la production par une meilleure productivité crée de l’opulence, autrement dit de la croissance qu’il est nécessaire de diffuser à l’ensemble de la population. Ainsi justifia –t-il l’outil monétaire.
L’approche anthropologique  estime que le troc, considéré comme une entrave aux échanges est plus que simpliste mais qu’il est nécessaire de partir de la notion de dette envers d’autres membres : la dette précède et dépasse l’instauration d’un rapport d’échange entre individus.

Nous verrons donc successivement :

division_du_travail















I. Qu’est-ce que la monnaie, à quoi sert-elle ?

L’objectif est de connaître les formes et les fonctions de la monnaie

A- Les fonctions de la monnaie

1-  Elle assure un lien social et politique fondamental

doc. 4 page 54

« La planche à billets » est gérée par l’Autorité Monétaire qui garantit la valeur d’échange de ces billets à condition qu’il n’y ait  pas d’inflation

 

La monnaie peut être comparée à un langage parce que c’est un symbole d’appartenance d’une société et aussi un moyen de communication entre les membres de cette société qui n’a de valeur que pour ceux qui la partagent donc elle implique la confiance entre ceux qui l’utilisent et l’Institution qui la crée.

Doc. 5 page 54

Ce document insiste sur les problèmes économiques, sociaux et culturels que vivent les populations de la zone européenne face à l’euro. En effet,  afin de ménager les susceptibilités  nationales, la Banque Centrale Européenne a créée des billets où ne figure aucun personnage européen mais seulement des monuments, des bâtiments  qui mettent en avant la modernité. Les pièces sont créées par les Autorités monétaires nationales, par le Trésor qui est le banquier et  le caissier de l’Etat.

 

La monnaie est un instrument de lien social car elle est le symbole de l’interdépendance des membres d’une société qui utilisent une monnaie. Elle favorise l’unité entre les membres. C’est la banque centrale qui  gère et crée la monnaie et exerce un monopole sur sa création.

2- Ses autres fonctions : ses trois fonctions économiques

Si la monnaie implique confiance entre l’Institution qui la crée et ceux qui l’utilisent, elle a d’autres fonctions :

  • elle est un intermédiaire des échanges : elle est utilisée contre tous les autres biens (un bien achète de la monnaie – la monnaie achète un bien) ce qui  suppose un consensus entre les utilisateurs. Elle a pour avantage de développer les échanges économiques et d’économiser le calcul et l’information. Tout  cela n’est possible car elle a un cours l’égal c’est à dire qu’on est tenu de l’accepter ; elle a   un pouvoir libératoire car puisqu’elle est  liquide, elle est  immédiatement disponible pour servir d’intermédiaires des échanges.

  • elle est unité de compte ( a une fonction d’étalon de valeur), elle permet de comparer des biens hétérogènes. Elle assure une lecture en prix relatif : rapport du prix  d’un bien par rapport au prix d’un autre bien. Par exemple un micro ondes vaut 150  euros et un kilo de pommes de terre vaut 1, 5 euro    ce qui permet de mettre en évidence le rapport entre le micro ondes et les pommes de terre : 150/1,5 = 100  un micro ondes vaut 100 fois plus qu’un kilo de pommes de terre ou vaut 100 kilos de pommes de terre.

  • elle est réserve de valeur (elle rend possible l’utilisation différée d’un pouvoir d’achat),  puisqu’elle se conserve et qu’elle est liquide elle assure sans conteste cette fonction à condition d’être stable, d’où la confiance dans l’Institution qui l’émet. Jusqu’en 1971, l’or était aussi considéré comme une  monnaie mais depuis ce n’est plus le cas car il n’est ni intermédiaire des échanges ni unité de compte.
    Attention, la rareté d’une monnaie ne favorise pas forcément sa stabilité car si une monnaie est rare toute chose égale par ailleurs, sa valeur augmente.

Remarque : la fonction d’intermédiaire  suppose une quantité abondante de monnaie alors que sa fonction de réserve suppose qu’elle soit rare, ce sont donc deux fonctions inconciliables. L’équilibre entre monnaie et quantité de biens et services se fait sur ce qu’elle peut acheter.

Au delà de ces trois fonctions, John Maynard Keynes (1883-1946), économiste anglais parce qu’il considérait que la monnaie était active dans le fonctionnement de l’économie,  a évoqué 3 motifs qui poussent les agents économiques à détenir de la monnaie :  le motif de transaction,  le motif de précaution  et le motif de spéculation.

B- Les formes successives de la monnaie

Ses formes évoluent  dans le sens d’une dématérialisation c’est à dire que la monnaie est de moins en moins tangible quelle que soit sa forme, elle repose de moins en moins sur  une existence physique.

On distingue :

  • La monnaie signe qui comprend  la monnaie métallique - doc 6 page 55-  ou  divisionnaire (pièces)  a  un rôle d’appoint et est fabriqué par  le Trésor Public  et la monnaie papier ou fiduciaire qui est sous le contrôle de la BCE ;
  • La  monnaie scripturale (doc 8 page 56)  est dite aussi monnaie nominale est composée des dépôts à vue ouverts auprès des banques : ce sont les comptes courants. Elle est créée d’un compte à un autre par un jeu d’écriture (manuel ou électronique) ; elle n’est pas  à confondre  ses moyens de circulation que sont : le chèque, la carte bancaire, le prélèvement automatique ou le virement bancaire.  Si on perd des billets à baisse du pouvoir d’achat par contre si on perd une carte de crédit ou un chèque à aucune conséquence  sauf à faire opposition ; on perd seulement le moyen de circulation de la monnaie scripturale. Mais il faut que le compte soit approvisionné pour qu’on puisse faire circuler la monnaie.
  • La monnaie scripturale repose sur la confiance que les agents ont à tout moment le pouvoir de convertir leurs dépôts en billets.   
    Comme nous l’avons déjà dit, la dématérialisation de la monnaie apparaît dans sa forme la plus moderne : la monnaie électronique : porte-monnaie électronique est une carte dotée d’un microprocesseur qui stocke un pouvoir d’achat, elle est rechargeable. On dit qu’elle est une nouvelle forme de monnaie, car elle représente une réserve de valeur et elle est transmissible. Cependant, on doit nuancer cette dématérialisation car en période de crise, les agents économiques méfiants achètent de l’or et renoncent aux monnaies habituelles.

- Actuellement, En France,  la masse monétaire (doc 10 page 57)  se décompose  ainsi : pratiquement 40% en M1, 34% en M2-M1 et 27 % en M3-M2, alors que dans la zone Euro, la masse monétaire est plus liquide.

 

II. D’où vient la monnaie et comment est – elle régulée ?

L’objectif est de comprendre  le  principe de création monétaire par le crédit.

A. La création monétaire

1- Les mécanismes de la création monétaire

La création monétaire anticipe les richesses créées, créer de la monnaie consiste à augmenter la quantité de monnaie détenue par les agents économiques et cela selon certaines modalités. On appelle la masse monétaire, le stock de monnaie en circulation dans un pays à un moment donné, elle comprend tous les actifs monétaires classés selon un degré de liquidité décroissante.

Les agrégats monétaires :

M1 = pièces + billets + Dépôts à vue  ou disponibilités  monétaires au sens strict
M2 = M1 + compte sur livrets (jeune, caisse d’épargne) est aussi appelée de la quasi-monnaie
M3 = M2 + dépôts à terme + titres gérés par les OPCVM que sont les SICAV et les FCP ; c’est cet agrégat qui est retenu par l’Euro- système pour calculer les Taux d’intérêt à court terme  « imposés » dans la zone Euro. M3 est la masse monétaire de référence et son augmentation suit  la croissance du PIB : Si elle s’accroît plus que ce que l’on produit   il y aura inflation.

 

Et M4 = M3 + billets de trésorerie + Bons du trésor.

(Voir fiche Vocabulaire)

Les Pouvoirs Publics cherchent à maîtriser  l’inflation en permettant aux   épargnants  de rencontrer,  par l’intermédiaire des banques les agents économiques à  besoin de financement. Donc, pour ralentir la surchauffe de l’activité économique, les autorités monétaires augmentent  les taux d’intérêts alors que pour  relancer l’activité économique, on  baisse les taux d’intérêt. 

 

Un  taux d’intérêt représente la rémunération du capital prêté (taux d’intérêt créditeur) ou emprunté (taux d’intérêt débiteur). Un taux d’intérêt nomina est celui qui négocié au moins de l’emprunt ou du prêt alors qu’un taux d’intérêt réel est un taux d’intérêt nominal déflaté c'est-à-dire que l’on a supprimé l’influence de l’inflation. Par exemple : taux d’intérêt nominal = 5% et taux d’inflation= 2%, le taux d’intérêt réel est égal à 3% par contre si le taux d’inflation est de 6%, le taux d’intérêt réel est négatif et égal à -1%.

 

Créer de la monnaie consiste à augmenter la quantité de monnaie détenue par les agents économiques et cela  selon certaines modalités  mais sous contrôle de la Banque centrale.

 

Il y a 3 occasions pour créer de la monnaie :
- lors  des Créances accordées sur l’économie : ce sont les crédits accordés par les banques aux agents économiques qui n’ont pas d’épargne préalable et qui veulent investir ou /et consommer. On confirme que ce sont bel et bien les crédits qui font les dépôts. En effet, quand la banque autorise un crédit sans qu’il y ait dépôt  préalable de monnaie de la part de cet agent, elle donne naissance à un Dépôt à vue, elle crédite  le compte de l’emprunteur en même temps qu’elle se reconnaît sa créance envers lui  (alors que  l’emprunteur contracte une dette envers la banque).

Ménages à Crédit à la consommation
Entreprises à crédit à l’investissement (à Long terme) et crédit ou avance de trésorerie – découvert à court  terme quand l’entreprise doit faire face à un décalage entre ses dépenses et recettes.
- Sur l’étranger par la transformation  ou conversion des devises en monnaie nationale lors d’une exportation. Si le solde commercial est déficitaire, il y a destruction de  monnaie.
- sur l’Etat  quand il  s’endette que se soit  sous forme d’emprunts obligataires ou de  Bons du Trésor.

 

Les acteurs de la création monétaire
La banque centrale européenne (BCE) est chargée de suivre M3 et c’est aussi elle qui émet les billets par l’intermédiaire des banques centrales ; Les banques Centrales ou nationales et Les banques commerciales, banques de second  degré, qui ne créent  que de la monnaie scripturale.
La banque centrale a un rôle incitatif (par le taux d’intérêt pratiqué qui peut dissuader ou encourager les agents économiques d’emprunter ou de placer leur épargne) et punitif (en augmentant le montant des réserves obligatoires détenues).

On appelle  monnaie centrale, l’ensemble des billets et des sommes inscrites sur les comptes auprès de la banque centrale.

2.  Les limites à la création monétaire. (doc 15 page 60)

On distingue 4 limites :

La demande de billets par la clientèle, c’est une limite car les banques commerciales ne peuvent obtenir des billets qu’en les demandant à la banque centrale contre des dépôts, des titres.
Quand il y a remboursement de l’emprunt : destruction de la monnaie
Les fonds prêtés sont transférés vers  une autre banque : en effet un banque octroie un crédit qu’en fonction des dépôts qu’elle a  et les agents économiques ont des comptes courants dans plusieurs banques.
La banque centrale contrôle la création monétaire par le taux d’intérêt et par les réserves obligatoires (quantités de monnaie détenue par la banque centrale à faible taux d’intérêt, de rémunération)

B. La politique monétaire

Depuis 1994, la Banque de France  est indépendante : elle n'est plus sur la tutelle du gouvernement et elle a perdu totalement son pouvoir de souveraineté en 1999 au profit  de la BCE.
Une politique monétaire a pour but d'adapter le mieux  possible l'offre de monnaie au besoin de l'économie. Les moyens (instruments)   utilisés sont le taux d'intérêt qui agit sur M3 et les réserves obligatoires.
Les réserves obligatoires est un système qui impose aux banques de second rang l’obligation de détenir à la banque centrale une quantité de monnaie fixée par cette dernière  sous forme d’un compte ouverts à vue et non rémunéré ou faiblement rémunéré et ce afin de restreindre la capacité des banques à créer de la monnaie ; cela représente une fuite artificielle en monnaie centrale qui limite la capacité des banques à créer de la monnaie en  limitant l’octroi de crédits.
Les autorités monétaires cherchent à  augmenter M3 autant qu’il y a de  richesses à échanger mais le problème est que les agents économiques utilisent l'unité monétaire différemment ; les autorités monétaires s'intéressent à la vitesse de circulation de la monnaie = quantité de Biens et Services échangés divisé par  M3. En période d’inflation, la vitesse de circulation de la monnaie s'accélère car les agents économiques ont une  préférence pour la liquidité (puisque la monnaie ne permettra pas d’acquérir la même quantité de biens demain qu’aujourd’hui puisqu’il y a dépréciation du pouvoir d’achat de la monnaie)  par contre en  période de désinflation il y a stabilité de la vitesse de circulation et en période de déflation il y a baisse de la vitesse de la circulation de la monnaie.
De là, deux conceptions sous tendent toute politique monétaire:
Une conception monétariste  ou restrictive (d’obédience libérale) dont le chef de file a été Milton Friedman, économiste américain mort le 16 novembre 2006 :
Pour les tenants de cette conception, la  monnaie est passive, voile, neutre. La vitesse de circulation de la monnaie est égale au  PIB divisé par  M3 donc la croissance de M3, pour qu’il n’y ait pas d’inflation  doit suivre celle du PIB avec maintien  de la stabilité  des prix. M3 assure les échanges de Biens et Services.  Le problème est d’admettre que l’on connaît  la vitesse de circulation de la monnaie…  Pour les monétaristes,  le taux d'intérêt assure   l'équilibre entre l'épargne et l'investissement.
Une conception Keynésienne ou  expansionniste  (discrétionnaire) évoqué par l’économiste anglais J.M. KEYNES dans son ouvrage, la Théorie générale (de l’emploi, de l’intérêt et de  la monnaie) en 1936 pour qui la monnaie peut être intégrée dans le fonctionnement de l'économie car elle est active. J.M.  Keynes avait évoqué trois raisons pour  que les agents détiennent  de la monnaie (transactions - précaution - spéculation) ; le taux d'intérêt jour un rôle important.  En effet, les prévisions quant aux débouchés sur lesquelles s'appuient les entrepreneurs pour fixer un niveau de Production vont induire des dépenses en facteurs de production (travail et capital) et le capital s’obtient par l’investissement. Si les entreprises sont en besoin de financement, elles devront emprunter auprès des institutions de crédit et c’est là que le taux d’intérêt a son rôle. S’il est trop élevé ou du moins plus élevé  que le taux profit attendu, les entrepreneurs n’ont pas intérêt à investir, par contre s’il est plus bas, elles ont tout intérêt à investir et à financer leur investissement par emprunt.
Au niveau macro économique, en période de surchauffe (l’inflation est dite galopante) les autorités monétaires relèvent les taux d'intérêt pour dés- inciter les emprunteurs car les agents économiques n'épargnent pas mais préfèrent emprunter. 
Dans la pratique, la banque centrale intervient sur « l’open market » pour agir sur les taux d’intérêt  mais cette décision peut être sans incidence sur les agents économiques et particulièrement les ménages qui n’ont pas les moyens d’emprunter (trop démunis) ou qui n’ont pas besoin d’emprunter (trop aisés).
Depuis 1999, la France comme tous et les pays de la zone euro qui ont signé le Traité de MAASTRICHT en 1992, ont renoncé à leur politique monétaire autonome et c'est la BCE qui s'en charge : Schéma Mehdi.

III. Les différentes formes de financement

A. Les différents modes de financement et les avantages et inconvénients de chacun

Objectif : comment les entreprises et les ménages accèdent à u type de financement pour leurs investissements ?

formes_financement

1- interne   doc 5 page 75

2- externe indirect  et direct : doc 5 et 6 page 75
3- les avantages et les inconvénients de chaque forme  de financement

 

B. Les banques actrices du financement

Objectif : comprendre les raisons du changement de forme de financement
Le financement peut être  direct ou indirect mais les banques restent les actrices essentielles.

 

Jusqu'aux années 80: Une économie d'endettement (doc 9 page 77)
L’économie capitaliste est une économie monétaire de production c'est à dire que la production de richesses doit être précédée d'un financement monétaire.  Jusqu’à la fin des années 70, les banques étaient les seules à financer l'économie: financement externe indirect. Pourquoi ?  Le partage de la Valeur  Ajoutée  était favorable aux salariés donc le taux de marge s’est dégradé  (moindre part versée  aux actionnaires) donc les entreprises ont eu recours à l'emprunt pour financer leurs investissements.

 

A partir des années 80: se développe une économie de finance directe

 

De multiples raisons vont modifier le comportement des acteurs économiques :

 

Le taux de marge s'améliore et les entreprises peuvent autofinancer  (capacité de financement) leurs investissements. Par ailleurs, grâce à un partage plus favorable de la VA,  se désendettent, ont une aisance financière et peuvent ainsi trouver des possibilités de placement    le marché financier.
Pourquoi un partage favorable aux entreprises ?
En 1982, les pouvoirs publics désindexent les salaires des  prix: la conséquence est une  baisse du pouvoir d'achat des ménages --> baisse de la consommation --> baisse de la production --> baisse de l'investissement --> avec  augmentation du chômage dans un contexte mondial de ralentissement économique. Se développe aussi la précarité.  Mais certaines catégories bénéficient d’augmentation de  salaires création d’emplois chez les fonctionnaires: 200 000 créations d’emplois, ce qui contribua au creusement du  déficit commercial : les importations s’accroissent alors que les entreprises n’augmentent pas leurs productions pour satisfaire la demande supplémentaire et les exportations se réduisent car nos pays voisins sont en récession. Enfin,  dans un contexte mondial défavorable (PED n'achètent plus car ils sont en cessation de paiement avec l’appréciation démesuré du dollar suite au second choc pétrolier), les entreprises vont trouver sur le marché financier des opportunités de placement à une époque où elles aussi doivent rationaliser leurs capacités productives ; c’est ainsi que se développe  la financiarisation de l'économie.

 

1- la réforme des « 3 D »

 

Coté autorités  monétaires : suite à une inflation galopante (plus de 10 % au début des années 80) les pouvoirs publics se fixent une lutte contre l’inflation et stabilité des prix et pour parvenir à cette fin ils créent des innovations autour de la réforme des «  3 D » :
Désintermédiation : le rôle des banques est modifié
Décloisonnement : les investisseurs institutionnels (sociétés d’assurance, fonds de pension…gèrent des actifs financiers) peuvent rencontrer les emprunteurs (banques, entreprises…) sur n’importe quel marché : monétaire ou financier.
Déréglementation : les pouvoirs publics libéralise l’accès à l’argent en supprimant l’encadrement du crédit et en instaurant  « l’open market ». 

Coté épargnants (doc 12 page 79)
Les ménages ont modifié leurs comportements dans leurs placements : jusqu’à la fin des années 70, ils privilégiaient  le patrimoine immobilier qui ne rapportait pas ou peu de revenu (loyer)  mais ils cherchaient surtout à se prémunir contre les risques de la fin de vie (précaution) .Le système de retraite a été généralisé à l’ensemble de la population à la  fin des années 70. Coté placement bancaire, ils restent dépendants des taux fixés par les banques donc ils se sont dirigés vers le patrimoine financier : SICAV (rentables, sans risques et liquides) et mobilier : les actions  et obligations (notamment  celles de le l’Etat).

 

Les années 90  sont marquées par des taux d’autofinancement élevés qui s’expliquent par des taux de marge élevés et un faible  investissement de la part des entreprises (taux d’investissement faible).

 

2- Les conséquences : la globalisation financière (doc 13 page 80)

La réforme des « 3 D » a conduit à créer  des déplacements sans précédent  (flux) de capitaux d’une  place financière à une autre et ce en temps réel, grâce aux Technologies de l’information et de la communication qui  relient  24 heures sur 24 les épargnants et les emprunteurs : c’est le marché unifié de l’argent.

 

C. Les conséquences du poids croissant des marchés  financiers

 

. Coté entreprises, la finance directe a agit sur l’organisation des entreprises : accélération du processus de concentration par fusion –acquisition sans précédent ( doc 17 page 82) mais les PME restent relativement à l’écart de ce mouvement. C’est actuellement l’actionnaire qui commande et les « actionnaires initiaux »  ont du accepter de disperser le capital et partager les décisions.

 

. Coté  des pouvoirs publics : si  la finance directe a  permis de réduire l’inflation (en mettant en face à face emprunteurs et prêteurs), elle a par contre largement contribué à volatiliser les capitaux et créer de l’instabilité  dans le financement des économies et les Etats  sont impuissants face à cette réalité.  Par ailleurs, l’affaire Enron aux E.U a   montré que ce marché de l’argent à l’échelle planétaire était propice à la dissimulation d’informations sur la réalité des conditions de marché (bénéfices fictifs, chiffres d’affaires gonflés, détournements de fonds  … doc 22 page 84).

 

En conclusion, l’équilibre financier n’est pas automatique : doc 4 page 74.